ven. Juil 19th, 2019

Récapitulatif des événements autour de la suspicion de viol

Vive colère et des projectiles ont été jetés sur l’échevin, qui a dû être exfiltré.

Vive colère et des projectiles ont été jetés sur l’échevin, qui a dû être exfiltré.

L’étincelle a été allumée ce jeudi 25 avril après que des parents d’une fille de 4 ans est revenue de l’école N°1 à Schaerbeek où elle est élève, avec du sang dans ses endroits intimes. Interpellés, ils ont suspecté des actes de pédophilie. Très vite, une enquête a été ouverte pour en savoir plus, découvrir les éventuels coupables.

En soutien, de nombreux parents dont l’enfant est également dans l’école concernée, ainsi que des gens du quartier, se sont rassemblés devant les portes d’entrée de l’établissement scolaire les 29 et 30 avril. Nombre d’entre elles refusaient que leurs enfants ne mettent un pied dans l’école avant de trouver le coupable.

Des parents en colère devant l'école n°1 de Schaerbeek
Des parents en colère devant l’école n°1 de Schaerbeek.

Lundi 29, suite à cette suspicion de viol, le bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi) s’est exprimé : « Nous sommes tous bouleversés. Tous les services médicaux, policiers et scolaires sont mobilisés depuis que nous avons été informés. Cette affaire a été immédiatement placée dans les mains de la justice, nous attendons les informations du parquet. Nous sommes dans un État de droit, c’est comme cela que nous fonctionnons. Nous voulons savoir ce qu’il s’est passé ». Les manifestants ont répondu en dénonçant les lenteurs de la justice. Il est parti sous les cris des parents.

L’échevin de l’enseignement, communique les conclusions de l’enquête aux parents des élèves.

Le lendemain, le 30 avril, la mobilisation n’a pas été moindre. Les gens étaient plus déterminés encore. À 11 heures du matin, lors de sa conférence de presse, le parquet de Bruxelles, par la voix de son porte-parole Denis Goeman, relayant un constat du procureur du roi, a déclaré « que les faits ne peuvent être qualifiés de viol ni même d’attouchements sur mineur, faute d’éléments ». Ce serait seulement une infection selon le parquet. Les parents ont eu accès au dossier à 14h avec leur avocat, ce même jour. « On veut tous les responsables devant cette école, pas de politiciens en costume cravate avec un sourire pendant les élections », a fustigé une maman, dans une des vidéos d’EODP qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. Gros tournant dans l’affaire.

Ce constat a été transmis aux les parents présents devant l’école par l’échevin de l’enseignement de la commune de Schaerbeek, Michel De Herde (Défi). Cela a suscité une très vive colère et des projectiles ont été jetés sur l’échevin, qui a dû être exfiltré. La police qui bloquait depuis le départ l’entrée de l’école s’est mise sur ses gardes. Des œufs, des bouteilles d’eau ouverte, des sacs poubelles et d’autres choses encore, parfois plus lourdes ont été jetés en direction de l’école protéger par la police.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés sur des parents.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés sur des parents de l’école n°1 de Schaerbeek lors de cette deuxième journée de ce rassemblement devant l’établissement où est scolarisée la petite fille de 4 ans. Une femme est tombée au sol. Elle a été emmenée à l’hôpital. Un périmètre élargi a été formé en milieu d’après-midi par la police.

Yusuf Yildiz, conseiller communal (cdH), à réagit aux soupçons de viol sur mineur dans l’école.

Yusuf Yildiz, conseiller communal (cdH), qui avait pris pour priorité « la sécurité au sein des établissements scolaires », d’après son programme, à réagit aux soupçons de viol sur mineur dans l’école n°1 de Schaerbeek. Ces propos n’ont pas plu au bourgmestre qui a demandé au CdH de l’évincer, de se séparer de cet élu.

Une femme et un homme arrêtés
En lien avec la mobilisation devant l’école communale n°1 de Schaerbeek, une femme de 30 ans a fait l’objet d’une arrestation judiciaire pour des bris de vitres, indique mercredi la porte-parole de la police de Bruxelles-Nord, Audrey Dereymaeker, confirmant une information de la DH. La police précise qu’il y a également eu une arrestation administrative d’un homme pour trouble à l’ordre public.

Le porte-parole du parquet de Bruxelles, Denis Goeman, indique que la femme arrêtée judiciairement a été relaxée après audition mardi soir mais que le dossier suit son cours. Elle a été interpellée au motif de dégradation de biens immobiliers. Elle aurait jeté une bouteille sur une vitre de l’école et l’aurait cassée. La jeune femme née en 1988 n’a pas d’antécédents judiciaires. Audrey Dereymaeker souligne par ailleurs que l’agressivité des manifestants n’était pas spécialement dirigée contre la police.

Quelque personnes étaient encore rassemblées en fin d’après-midi.

La communauté guinéenne est en train d’organiser une réponse pour que la protestation prenne une autre forme. Nous tentons d’entrer en contact avec eux ainsi qu’avec le bourgmestre pour le suivi de ce dossier qui a tant suscité de remous en ces derniers jours d’avril.

Le bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFi) et des membres de la communauté guinéenne de Belgique se sont rassemblés ce vendredi 3 mai pour rétablir un climat de confiance dans l’école n°1 de Schaerbeek.

3 thoughts on “Récapitulatif des événements autour de la suspicion de viol

  1. Il est peut-être temps de mettre fin à tout ça et de présenter vos excuses officielles pour avoir permis à des personnes de partager leur haine de la Belgique, non ? Vous êtes une honte ! En plus, vos pseudos journalistes ne connaissent même pas les lois sur la diffusion de contenu et le droit à l’image. Cessez vos propos diffamatoire et arrêtez d’attiser la haine en faisant comme si la justice mentait. Vous êtes scandaleux. Si ça ne bouge pas, plainte sera déposée.

    1. Malheureusement pour vous, ce n’est pas à vous de dire qui est journaliste et qui ne l’est pas. De plus, nous sommes une ONG d’information et de défense des droits humains reconnue par le Parlement Européen. Pas un média. Vos propos sont également diffamatoire, capture d’écran a été faite.

  2. Viol à l’école 1. Le sommeil de la raison engendre des monstres.

    Dans son domaine, chacun des signataires connaît bien l’école communale n°1 de Schaerbeek, et plus largement, le groupe scolaire « La Ruche – Josaphat » qui abrite aussi l’Institut technique Frans Fischer, depuis plus de 40 ans. Tous les cinq, nous avons œuvré, avec de nombreux autres, à faire de ce groupe scolaire un modèle. Et nous étions, et sommes toujours fiers, que le réalisateur Roger Beeckmans y ait passé une année entière pour tourner son film « Une leçon de tolérance ». Aujourd’hui, après les événements qui ont commencé le 25 avril et que les médias ont largement relayés, nous sommes partagés entre des sentiments divers qui vont de la colère à la tristesse en passant par le découragement.
    Le 25 avril, des parents récupèrent leur petite fille à la sortie de l’école. De retour à la maison, la maman constate que la petite a des traces de sang dans sa culotte. Elle soupçonne quelque chose d’anormal et retourne à l’école. Immédiatement, l’école réagit d’une manière que nous n’hésitons pas à qualifier de parfaitement professionnelle : recours à l’infirmière scolaire, information à l’échevinat, réorientation vers l’hôpital le plus proche.
    Les écoles sont régulièrement confrontées à des situations délicates. Elles sont conscientes de la fragilité des enfants confiés à leur garde, elles font de leur mieux pour assurer les meilleurs contacts possibles avec les familles, surtout quand elles sont implantées dans des quartiers où les populations fragilisées sont présentes en majorité.
    Face à ces difficultés, les écoles communales de Schaerbeek peuvent compter sur des appuis au niveau de l’administration communale, mais aussi des PMS et des services de promotion de la santé à l’école.
    Et pourtant, dès le jeudi soir, soit quelques heures après les faits, tout dérape. La rumeur se propage à une vitesse fulgurante. Il y a suspicion de viol, voire viol tout simplement.
    Malgré la prise en charge de l’enfant par le service spécialisé de l’hôpital Saint- Pierre, malgré la plainte déposée par les parents avec les encouragements des autorités communales, la rumeur continue d’enfler. Un pédophile agirait dans l’école, menaçant la totalité des enfants et il faut donc fermer celle-ci. L’ensemble des détenteurs de l’autorité (direction, bourgmestre, échevin, médecins, police, justice) formerait une alliance pour cacher la Vérité (qui est, forcément, que la petite a été violée par « un méchant monsieur »).
    Dès ce moment, l’irrationnel prend le dessus. Il s’enflammera lors de la manifestation du lundi 29 et culminera lors de la mini-émeute du mardi 30. Ce jour-là, une foule excitée criera « école pédophile » et des dames, d’âge mûr et d’apparence respectable, jetteront des projectiles sur des policiers qui protègent l’école.
    Ce groupe scolaire, nous y avons travaillé, nous y avons mené des projets avec de nombreux partenaires. Nous y avons toujours défendu des principes humanistes. Lors de l’inauguration de ce bijou « Art nouveau » en 1907, un échevin avait déclaré : « les écoles sont les palais du peuple, on ne peut les faire ni assez grandes, ni assez belles » . C’était notre conviction quand nous étions en fonction, ce l’est encore aujourd’hui, malgré les dégâts causés par cette triste affaire.
    La bêtise au front de taureau a tout ravagé. On a pensé qu’un pédophile rôdait dans les couloirs d’une école dont le personnel est essentiellement féminin. On a avancé l’idée que la petite aurait été abusée après « avoir été déshabillée par un méchant monsieur », sans s’étonner que personne dans le personnel ne remarque rien. On a dit que l’école et les autorités communales, qui ont réagi quasiment dans l’heure, voulaient cacher la vérité. On a crié que si « c’était une enfant blanche, ça se passerait autrement », qu’« en Turquie, on n’aurait mis qu’un jour pour trouver les coupables », on a hurlé « où sont les conseillers communaux musulmans, où sont les conseillers communaux turcs (?) » devant une école pour laquelle, depuis trente ans le « vivre ensemble » a toujours été au cœur de projets pédagogiques.
    Quelle tristesse pour nous face à ces dizaines de personnes déchainées. Mais quelle colère aussi face aux chacals qui ont profité de ce triste fait divers pour l’exploiter politiquement. Nous accusons ces quelques conseillers communaux qui ont encouragé les réactions émotionnelles, qui ont contribué à propager des rumeurs ou des fantasmes ou qui n’ont rien fait pour les démentir ni pour calmer les esprits. Ces racistes aussi, qui ont profité des tribunes offertes par les forums des médias pour déverser leur fiel. Ces bonnes âmes, enfin, qui trouvent qu’il y a aussi des désordre lors de matchs de foot (sans voir que gueuler dans un stade, ce n’est pas tout à fait la même chose que casser les vitres d’une école) ou qui excusent des débordements inadmissibles parce que les manifestants feraient partie de ces nouveaux prolétaires que sont les habitants issus de l’immigration (en oubliant que certains de ces habitants issus de l’immigration sont belges et parfois échevins ou conseillers communaux).
    Quelle tristesse aussi de constater que ce vendredi, si les parents admettent enfin que leurs soupçons étaient totalement infondés et s’ils appellent au calme, ils n’ont, pas plus que leur avocat, eu le moindre mot d’excuse pour l’équipe éducative de l’école 1, ni pour celle de l’institut Frans Fischer qui cohabite dans le groupe scolaire. Ces deux équipes doivent reprendre leur travail lundi et reprendre leur mission, qui est celle de l’école, accueillir sans distinction d’origine, de religion, de sexe, les élèves qui leur sont confiés et en faire des citoyens responsables. Ce travail ne peut se faire que dans la sérénité et nous avons honte pour tous ceux qui ont, pour des motifs inavouables, perturbé une des tâches les plus nobles qui soient : éduquer la jeunesse. Nous adressons notre soutien inconditionnel à toute l’équipe éducative du Groupe scolaire « Ecole 1 –La Ruche »
    le 4/5/2019
    Christian DELSTANCHES, Directeur honoraire de l’école n°1
    Marc Guiot, Directeur honoraire de l’enseignement de promotion sociale communal
    Alain MARCHAL, Directeur honoraire de l’Institut Frans FISCHER,
    Georges VERZIN, Conseiller communal, ancien échevin de l’Instruction Publique
    Claude WACHTELAER, Ancien Inspecteur coordinateur de l’enseignement communal

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