Récapitulatif des événements autour de la suspicion de viol

L’étincelle a été allumée ce jeudi 25 avril après que des parents d’une fille de 4 ans est revenue de l’école N°1 à Schaerbeek où elle est élève, avec du sang dans ses endroits intimes. Interpellés, ils ont suspecté des actes de pédophilie. Très vite, une enquête a été ouverte pour en savoir plus, découvrir les éventuels coupables.

En soutien, de nombreux parents dont l’enfant est également dans l’école concernée, ainsi que des gens du quartier, se sont rassemblés devant les portes d’entrée de l’établissement scolaire les 29 et 30 avril. Nombre d’entre elles refusaient que leurs enfants ne mettent un pied dans l’école avant de trouver le coupable.

Des parents en colère devant l'école n°1 de Schaerbeek
Des parents en colère devant l’école n°1 de Schaerbeek.

Lundi 29, suite à cette suspicion de viol, le bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi) s’est exprimé : « Nous sommes tous bouleversés. Tous les services médicaux, policiers et scolaires sont mobilisés depuis que nous avons été informés. Cette affaire a été immédiatement placée dans les mains de la justice, nous attendons les informations du parquet. Nous sommes dans un État de droit, c’est comme cela que nous fonctionnons. Nous voulons savoir ce qu’il s’est passé ». Les manifestants ont répondu en dénonçant les lenteurs de la justice. Il est parti sous les cris des parents.

L’échevin de l’enseignement, communique les conclusions de l’enquête aux parents des élèves.

Le lendemain, le 30 avril, la mobilisation n’a pas été moindre. Les gens étaient plus déterminés encore. À 11 heures du matin, lors de sa conférence de presse, le parquet de Bruxelles, par la voix de son porte-parole Denis Goeman, relayant un constat du procureur du roi, a déclaré « que les faits ne peuvent être qualifiés de viol ni même d’attouchements sur mineur, faute d’éléments ». Ce serait seulement une infection selon le parquet. Les parents ont eu accès au dossier à 14h avec leur avocat, ce même jour. « On veut tous les responsables devant cette école, pas de politiciens en costume cravate avec un sourire pendant les élections », a fustigé une maman, dans une des vidéos d’EODP qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. Gros tournant dans l’affaire.

Ce constat a été transmis aux les parents présents devant l’école par l’échevin de l’enseignement de la commune de Schaerbeek, Michel De Herde (Défi). Cela a suscité une très vive colère et des projectiles ont été jetés sur l’échevin, qui a dû être exfiltré. La police qui bloquait depuis le départ l’entrée de l’école s’est mise sur ses gardes. Des œufs, des bouteilles d’eau ouverte, des sacs poubelles et d’autres choses encore, parfois plus lourdes ont été jetés en direction de l’école protéger par la police.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés sur des parents.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés sur des parents de l’école n°1 de Schaerbeek lors de cette deuxième journée de ce rassemblement devant l’établissement où est scolarisée la petite fille de 4 ans. Une femme est tombée au sol. Elle a été emmenée à l’hôpital. Un périmètre élargi a été formé en milieu d’après-midi par la police.

Yusuf Yildiz, conseiller communal (cdH), à réagit aux soupçons de viol sur mineur dans l’école.

Yusuf Yildiz, conseiller communal (cdH), qui avait pris pour priorité « la sécurité au sein des établissements scolaires », d’après son programme, à réagit aux soupçons de viol sur mineur dans l’école n°1 de Schaerbeek. Ces propos n’ont pas plu au bourgmestre qui a demandé au CdH de l’évincer, de se séparer de cet élu.

Une femme et un homme arrêtés
En lien avec la mobilisation devant l’école communale n°1 de Schaerbeek, une femme de 30 ans a fait l’objet d’une arrestation judiciaire pour des bris de vitres, indique mercredi la porte-parole de la police de Bruxelles-Nord, Audrey Dereymaeker, confirmant une information de la DH. La police précise qu’il y a également eu une arrestation administrative d’un homme pour trouble à l’ordre public.

Le porte-parole du parquet de Bruxelles, Denis Goeman, indique que la femme arrêtée judiciairement a été relaxée après audition mardi soir mais que le dossier suit son cours. Elle a été interpellée au motif de dégradation de biens immobiliers. Elle aurait jeté une bouteille sur une vitre de l’école et l’aurait cassée. La jeune femme née en 1988 n’a pas d’antécédents judiciaires. Audrey Dereymaeker souligne par ailleurs que l’agressivité des manifestants n’était pas spécialement dirigée contre la police.

Quelque personnes étaient encore rassemblées en fin d’après-midi.

La communauté guinéenne est en train d’organiser une réponse pour que la protestation prenne une autre forme. Nous tentons d’entrer en contact avec eux ainsi qu’avec le bourgmestre pour le suivi de ce dossier qui a tant suscité de remous en ces derniers jours d’avril.

Le bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFi) et des membres de la communauté guinéenne de Belgique se sont rassemblés ce vendredi 3 mai pour rétablir un climat de confiance dans l’école n°1 de Schaerbeek.