ven. Juil 19th, 2019

Deux « reporters vidéastes » agressés ce 1er mai lors de la fête du travail par un militant de Secours Rouge et un militant d’USE

Alors qu’une manifestation avait lieu, comme chaque année, pour célébrer la fête du travail et commémorer les droits sociaux en la matière, des membres d’EODP, ONG co-organisatrice signataire de la manifestation par ailleurs, se sont fait agresser à Bruxelles. Il y a eu deux agressions, sur deux personnes différentes. Les faits se sont déroulés dans le courant de l’après-midi.

La première concerne Boubaker Moumni. Alors qu’il était en train de réaliser un live Facebook sur le défilé, sur les gens qui s’y trouvaient, en faisant des commentaires divers sur la situation comme le font beaucoup de médias (Brut, etc.), il a aperçu un groupe d’un second cortège, c’était la manifestation en provenance du Carré de Moscou à Saint-Gilles. Ce groupe avait formé un cortège séparé et rejoignait celui ou Boubaker et l’équipe d’EODP constitué de membres de syndicats. Mais le 1er cortège avait refusé de se joindre à eux. Il est les a d’ailleurs laissé partir devant ensuite, avant d’avancer.

Bienveillant, Boubaker a tourné sa caméra vers l’avant du cortège venant du Carré de Moscou en live. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’un d’eux, en tête de gondole, se prétendant propriétaire (il a dit « c’est notre manif ! ») a déclaré que seuls les photographes et vidéastes « autorisés » avaient le droit de filmer et capturer leur cortège. Puis il est parti. Boubaker, désireux d’en savoir plus, est revenu vers lui, en lançant « Qu’est-ce qui se passe, camarade ? » pour apaiser la situation.

Le jeune homme, à la cagoule relevée aux couleurs de l’arc-en-ciel, manifestement membre d’USE, avait rejoint un autre jeune homme portant une casquette, membre de Secours Rouge. Le ton est alors monté d’un cran dans leur bouche et le jeune homme à la casquette de Secours Rouge s’en est pris au matériel de Boubaker. La vidéo en live a pu capter la scène, et des photos d’autres photographes dénonçant ces pratiques l’appuyent (montrant le moment où Boubaker s’approche d’eux pour leur demander la raison de leur hostilité pour son média citoyen). L’homme à la cagoule d’USE a ensuite fait un doigt d’honneur (filmé) à l’encontre de Boubaker. Tout cette violence sans vraiment de raison vu l’attitude pacifiste au départ de Boubaker.

L’homme à la cagoule d’USE.
L’homme à la casquette, membre de Secours Rouge.

Son matériel menacé, Boubaker s’est très logiquement énervé. Il a crié sur les deux hommes et en particulier sur celui portant la cagoule qui l’avait maintenant mise sur son visage, de manière à ne plus être identifiable. Boubaker a fait savoir à cet individu que ces méthodes étaient celles d’un fasciste, qu’importe qu’il se prétende de gauche ou non. Cet homme a encore ordonné à Boubaker qu’il arrête de filmer alors qu’il filmait des syndicalistes et des manifestants du cortège où il se trouvait initialement, au carrefour de Putterie, Cantersteen et rue Ravenstein.

Les deux individus qui ont agressé Boubaker et Rachid Moumni d’EODP.

Plus tard ce jour-là, quand le cortège était arrivé à son terme et que les festivités se faisaient à la place Rouppe, comme c’est le rituel annuel, c’est Rachid Moumni d’EODP qui a été la cible d’attaques. Non loin de la place Anneessens, un des membres de Secours Rouge (celui qui avait déjà agressé Boubaker) l’a menacé (pour les mêmes raisons qu’avec Boubaker) : arrêter de filmer. C’était devant le café Limousine. Rachid a bien entendu refusé de se plier à sa requête. L’agresseur s’est alors emparé du matériel que Rachid tenait entre les mains et l’a cassé. Ont été mis hors d’usage, un stabilisateur et un téléphone portable (smartphone). En plus de cela, un micro portable avec mousse a été volé. L’individu de Secours Rouge a ensuite bousculé Rachid avec virulence, avec violence. Il y a eu des échanges de coups. Le matériel avait volé par terre pendant l’altercation et Rachid n’a pas pu tout récupérer. Cela aurait pu aller plus loin mais des gens, dont des Gilets Jaunes, ont calmé la situation comme ils le pouvaient.

EODP demande à Secours Rouge des explications sur ces faits, des excuses (ou en tout cas une désolidarisation des faits) ainsi qu’une enquête interne pour en déterminer les responsables.

L’homme à la casquette, membre de Secours Rouge et l’homme à la cagoule d’USE.

Ces faits de violence posent la question de la liberté de filmer mais aussi la question du racisme, de la xénophobie. En effet, les reporters d’EODP étant d’origine étrangère (maghrébine, en l’occurrence) sont les seuls à avoir été pris à partie par ces militants qui se décrètent de gauche et donc anti-racistes. Bien d’autres personnes (dont des journalistes de RT) filmaient lors de ces deux incidents mais c’est envers les reporters d’EODP que le militant cagoulé d’USE ainsi que celui de Secours Rouge sur Boubaker puis, plus tard, le même militant lié à Secours Rouge, sur Rachid s’en sont pris avec violence. EODP affirme bien qu’il s’agit là de deux cas de violence qualifiée à caractère manifestement raciste au vu de leurs contextes respectifs. EODP s’est réservé le droit d’entamer des poursuites par les voies légales.

Au-delà des dégâts matériels conséquents, il y a les dommages physiques et psychologiques : entorses à l’épaule droite et aux cervico-brachialgies droites et un stress post-traumatique pour Rachid (constatées par un médecin).
Nous vous communiquerons plus d’informations sur ces graves incidents au fur et à mesure.

EODP appelle toutes les organisations et personnalités progressistes et défenseurs d’une presse libre (car c’était la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse à dénoncer ce genre d’agissements, surtout si les responsables se déclarent de gauche. C’est inacceptable !

EODP ne met pas en cause les organisations de Secours Rouge et d’USE mais seulement les individus concernés.

Pour revoir le live Facebook de l’agression (entre la 44ème et la 50ème minute de ce lien) : https://www.facebook.com/EODP.eu/videos/397220267789378

1 thought on “Deux « reporters vidéastes » agressés ce 1er mai lors de la fête du travail par un militant de Secours Rouge et un militant d’USE

  1. Cela est totalement inadmissible ! D’autant plus venant d’une organisation de gauche ? Qui utilise des methodes de la fachosphére et qui epouse les thèses de racisme et de exonophobie en les mettant en oeuvre contre des journalistes d’origine maghrebine.

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