Les Gilets Jaunes ont six mois aujourd’hui ! Bon anniversaire de lutte !

EODP souhaite un bon anniversaire de lutte à toutes et tous les Gilets Jaunes de partout.

Tout a commencé le 17 novembre 2018 en France, suite à l’appel de la citoyenne française Priscillia Ludosky qui a lancé une pétition contre l’augmentation des prix de premières nécessités, pour l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne, pour la baisse des salaires et des pensions des hauts fonctionnaires et des élus.
Cette pétition, elle l’a lancée en mai 2018, bien avant que le mouvement ne surgisse donc. Ils contiennent les germes des revendications des Gilets Jaunes… qui ne s’appelaient pas encore comme ça.

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Ludosky sera rejointe par un autre citoyen : Eric Drouet à la suite de l’annonce de l’augmentation des prix du carburant. A deux, ils lanceront un appel à mettre leur gilet jaune sur le tableau de bord de leur voiture et à venir manifester dans toutes les villes de France, vêtu de ce même vêtement. L’étincelle était lancée : plus d’un 1.300.000 personnes ont bloqués des rond-points, des routes et des péages sur tout le territoire français.
Les rassemblements et la manifestation parisienne ont été vivement réprimés dès le départ. Le discrédit a été lancé sur les participants par la classe politique et certains journalistes, qualifiant les Gilets Jaunes de « beaufs », de « foule haineuse » (dixit Macron lui-même), ou régulièrement de « casseurs ».

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Les violences d’Etat vont augmenter de plus en plus, et les arrestations et gardes à vue seront légion. On constatera que des policiers frappent des manifestants qui demandent un meilleur niveau de vie et leur lancent des projectiles et leur tirent dessus au LBD (flashball, arme interdite partout en Europe sauf en France). Les manifestants devront se défendre à leur manière pour se faire entendre.

Les premiers seront crevés, les premières mains arrachées. Certains médecins parleront de blessures de guerre.

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Rassemblement des Gilets jaunes – Source : EODP
Jerome Rodrigues et d’autres Gilets Jaunes à la reconquête des rond-points (mai 2019) – Source : Jerome Rodrigues

Le monde politique, Castaner, Philippe et Macron en tête, ne voudront rien entendre, rien voir, diaboliseront sans cesse le mouvement. L’épisode du 1er décembre leur servant d’alibi.
Toutefois Macron tentera à la fin de l’année 2018 une opération. Il parlera à la télé et abandonnera la taxe carbone, à l’origine de la descente dans la rue des manifestants, pensant que cela allait calmer les gens en colère.
Il a organisé un débat « Le grand débat national » pour faire mine d’avoir écouté les revendications de la population, voyant que le mouvement des Gilets Jaunes était toujours soutenu par la majorité de la population.

Des Gilets Jaunes sont allés à ces réunions du grand débat mais, voyant que Macron n’allait pas céder et n’allait pas écouter leurs revendications de base (RIC, fin des privilèges fiscaux aux plus riches, rétablissement de l’impôt sur la fortune « ISF »), ils ont vite déchanté. Certains ont été persuadé qu’il avait profité de ce Grand Débat pour faire sa campagne, ni plus ni moins. Des journalistes l’ont aussi pensé.

Graffiti à l’effigie de Christophe Dettinger, « le boxeur gitan » comme il est parfois appelé, incarcéré pour avoir rendu les coups à un policier violent envers un autre Gilet Jaune – Source : D.R.

Pendant six mois, les Gilets Jaunes ont eu à subir de la répression comme aucun mouvement en France depuis la Seconde Guerre Mondiale. Même l’ONU a du rappeler la France à l’ordre !

Ce mouvement n’a jamais pu être récupéré, parce qu’il s’est donné des porte-parole de façon démocratique, bien plus organisée que ce qu’on a pu laissé penser. Et nous voilà, six mois après où certains irréductibles (nombreux toujours !) ont décidé de reprendre les rond-points comme au premier jour. Ce mouvement, bien qu’il ait des figures médiatiques, comme Maxime Nicolle, François Boulo, Jérôme Rodrigues, n’est en fait constitué d’aucun leader. Cela fait sa force.

EODP soutient les Gilets Jaunes encore aujourd’hui. Ce mouvement est historique et les esprits des journalistes qui le condamnaient jusqu’à lors commencent à se retourner, à enfin voir la répression incommensurable qu’ils ont subie au fil des semaines pendant ces 27 actes.

Acte 23 à Paris couvert par EODP – Source : EODP

De plus en plus, les syndicats français, notamment des membres de la CGT, au départ réfractaires se sont montrés solidaires du mouvement. Une membre de l’Académie Française et écrivaine, Danielle Sallenave, a dénoncé le mépris de classe d’Emmanuel Macron dans un livre « Jojo le Gilet Jaune », à l’instar d’Edwy Plenel dans un livre et de François Ruffin dans un film documentaire.

Voici le bilan : une personne tuée par les CRS (à Marseille, alors qu’elle ne manifestait pas et était à son balcon), des dizaines yeux crevés, des mains arrachées, des milliers gardes à vue, certains emprisonnés, beaucoup d’assignés à résidence, des amendes, des convocations, des plaintes pour violence policière sans suite, du mépris des politiques et journalistes, etc. Même avec ça, ils n’ont pas lâché ! Bravo à eux !

Les Gilets Jaunes ne sont pas seulement français, on les a retrouvés dans de nombreux pays tels que la Belgique, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Espagne, l’Allemagne, et bien d’autres !

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