Réfugiés : De Wever s’accordait avec Francken sur les arrestations et les expulsions (audio)

A quelques jours des élections, un nouveau « dossier » est sorti de l’ombre médiatique. Il s’agit de paroles prononcées par Bart De Wever.

Bart De Wever est connu pour être le président du parti flamand NVA mais il ne faut pas oublier qu’il est aussi le bourgmestre de la ville d’Anvers, principal pôle économique de la Flandre.

Bart De Wever – Photo libre de droit

Dans un enregistrement audio, on entend l’homme politique déclarer que « quand on fait une razzia [aussi appelée « rafle » dans le vocabulaire courant du côté francophone – ndlr], combien on peut en expulser ?« . Il parle bien évidemment des migrants, des sans-papiers ou autres personnes ayant fui leurs pays d’origine par contrainte.

« Si tu peux remplir un avion, ce serait bête de ne pas le faire« , poursuit-il sur ce même ton, frôlant l’ironie. Ces propos ont été tenus dans une réunion interne de la NVA, en 2016. Cette année-là, les arrestations étaient particulièrement intenses et les services de police s’attelaient à traquer le moindre sans-papier ou prétendu migrant. A cette époque, la Plateforme Citoyenne du parc Maximilien tournait à plein régime et dénonçait l’attitude de Francken à l’égard des réfugiés.

« Ne le criez pas sur tous les toits mais les places sont réservées avant même qu’on fasse une action », poursuit l’homme politique. Il se vante d’avoir un ami Secrétaire d’Etat, en la personne de Theo Francken, et dit lui demander où se dirige le prochain vol pour savoir qui arrêter. « Et vous continuez jusqu’à ce que la prison soit remplie. De préférence les nationalités prévues par Air Francken. »

« Factuellement, cela reste du discours mais les faits de rafle, eux, sont bien présents, qu’ils soient une conséquence de ce discours ou non ». Le militant pour la cause des sans-papiers et des réfugiés, entre autres, Axel Farkas, a déclaré suite à la publication de ces enregistrements, en substance, que de nombreuses assiocations et collectifs dénoncent ces agissements et la volonté politique derrière cela depuis longtemps.

En 2018, des services de police eux-mêmes ont admis que les migrants ne posaient pas de problème dans la société et qu’ils « s’étaient trompés ». Le fait que ces rafles résultaient – et résultent encore parfois – manifestement bien de décisions politiques… En attestent ces propos de Bart De Wever.

Suite à la découverte de ces enregistrements révélés par le Vif, des hommes et femmes politiques dénoncent ces propos. Elio Di Rupo, président du Parti Socialiste, déclare qu’ils peuvent même être poursuivis pénalement.

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