Dockers de Marseille : « Pas d’armes pour l’Arabie Saoudite »

La guerre civile au Yémen sévit depuis 2014 et elle-même une conséquence de conflits et d’interventions extérieures antérieures. Seulement, depuis 2017 et l’assassinat de Ali Abdallah Saleh, leader et ex-président du Yémen qui avait proposé des pourparlers avec l’Arabie Saoudite, une « paix des braves »… ère de paix qui n’aura pas duré bien longtemps, les combats reprenant de plus belle après sa mort… de façon assez dramatiques avec des morts par milliers, sans compter les blessés et la famine attenante. Au point d’alerter sérieusement la communauté internationale.

C’est dans ce contexte que la dénonciation de la livraison des armes françaises a fait irruption dans le débat public de l’hexagone. Macron a donc du se justifier en disant que « La France a la « garantie » de la part de l’Arabie saoudite que les armes qui lui sont vendues ne sont pas utilisées contre des civils au Yémen, a déclaré jeudi Emmanuel Macron à la veille du départ d’une nouvelle cargaison d’armement via le port du Havre. », selon l’agence Reuters de Paris.
« L’essentiel des armes qui ont été vendues sont plutôt utilisées à l’intérieur du territoire ou à la frontière mais elles sont utilisées dans le cadre d’un conflit », a déclaré le président français à son arrivée à un sommet européen, à Sibiu (Roumanie).

« Néanmoins, je tiens ici à dire ce que nous avons fait, c’est-à-dire d’avoir la garantie que ce ne soit pas utilisé contre des populations civiles », a ajouté Emmanuel Macron, précisant que cette garantie avait été « obtenue ».

Canon Caesar que les dockers du Havre ont refusé de laisser partir vers l’Arabie Saoudite dans le cadre de la guerre du Yemen, disant que ces machines sont utilisées contre des civil(e)s. – photo libre de droit

Le Huffington Post a rappellé que le 20 mai dernier, des dockers italiens se sont mis en grève dans le port de Gênes pour bloquer tout chargement de matériel susceptible d’être utilisé à des fins militaires. Un cargo avait également été mis en déroute au large du port du Havre, en raison de craintes similaires (c’était des canon Caesar qui se trouvaient à bord du bâtiment). Les arguments du président français n’ont donc pas convaincu les dockers.
Ceux du port de Marseille, en soutien avec leurs collègues du Havre et pour la cause pacifique, en ont fait de même.
Alors que le Bahri Tabuk est à quai, le syndicat CGT des dockers du port de Marseille-Fos a déclaré dans un communiqué que « fidèle à leur histoire et valeurs de paix (…) ils ne chargeront aucune arme, aucune munition pour quelle guerre que ce soit ».

Un soutien du Gilet Jaune Maxime Nicolle et d’autres membres du mouvement sont à noter.

Concernant la Belgique, rien de comparable n’a été observé à ce jour, alors qu’on sait que la FN Herstal est également un gros livreur d’armes vers l’Arabie Saoudite.

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