Attentats de Christchurch : le terroriste plaide non-coupable

Le terroriste Brenton Tarrant, australien de 28 ans, qui se définit comme « raciste » et « suprématiste blanc », pro-LePen, radicalisé en avril 2017 lors d’un voyage en France, inculpé pour le meurtre de 51 personnes en mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a suscité vendredi la colère des victimes en apparaissant sourire aux lèvres à l’audience, alors que ses avocats plaidaient non coupable en son nom.

L’avocat de Brenton Tarrant, Shane Tait, a déclaré à la Haute Cour de Christchurch que son client plaidait «non coupable de tous les chefs d’accusation», ce qui a aussi provoqué l’incrédulité des survivants et proches des victimes du carnage.

Brenton Tarrant, qui se définit lui-même comme un suprémaciste blanc, est apparu lors de cette brève audience par visioconférence depuis la prison de haute sécurité d’Auckland. Il a été inculpé de 51 chefs de meurtre, de 40 chefs de tentative de meurtre et d’un chef d’acte terroristeSon procès débutera en mai 2020, a annoncé vendredi le juge, d’apres une info de La Voix du Nord.

Le 15 mars, ce terroriste avait ouvert le feu pendant la prière du vendredi dans deux mosquées de Christchurch, la plus grande ville de l’île du Sud. Il avait diffusé son action en direct sur Facebook.

« Il est le perdant et nous sommes les gagnants »

Le sourire qu’il a affiché lors de la retransmission à l’audience a provoqué la colère des survivants de ce qui est le pire massacre commis de l’histoire moderne néo-zélandaise, et qui étaient massés en nombre sur les bancs du public.

Temel Atacocugu, blessé par balle à neuf reprises au cours de l’attaque, a déclaré qu’il avait avait confiance au système judiciaire néo-zélandais.
« Nous sommes forts. Il est le perdant et nous sommes les gagnants. Il va perdre », a t’il déclaré.

Temel Atacocugu, who was injured in the attack, was at the hearing. Photo: AAP

« Cela montre juste qu’il est un animal, a déclaré à l’extérieur du tribunal Mustafa Boztas, qui a été blessé à la cuisse. Il est tellement triste que quelqu’un puisse être à ce point inhumain et prendre la vie d’innocents. »

Abdul Aziz, un réfugié afghan, a expliqué qu’il voulait revoir le visage de l’accusé. Le 15 mars, c’est lui qui s’était opposé au tireur à la mosquée de Linwood et l’avait poursuivi à l’extérieur muni seulement d’un terminal de paiement par carte bancaire, ce qui avait vraisemblablement permis de sauver des vies. «Il rigolait ici et il pense qu’il est un dur, mais il n’était qu’un lâche quand je me suis opposé à lui et qu’il est parti en courant», a-t-il dit. «A ce moment-là, il n’était pas suffisamment un homme pour se tenir face à moi, mais maintenant, il se tient là en souriant.» «Laissez-moi 15 minutes dans sa cellule et on verra s’il peut encore sourire. »

Apte à être jugé

Au cours de l’audience de vendredi, le tribunal a été informé que des expertises psychiatriques avaient établi que Tarrant était apte à être jugé, selon un communiqué diffusé par le juge Cameron Mander peu après l’audience.

Le juge Cameron Mander a fixé au 4 mai 2020 l’ouverture d’un procès qui devrait s’étaler sur au moins six semaines. Mais des juristes relèvent que ce procès, le plus grand jamais organisé en Nouvelle-Zélande, pourrait durer deux fois plus longtemps.

Une nouvelle audience a été fixée au 15 août.

Une charge difficile à comprendre

L’homme est accusé de meurtre principalement. Plus précisément 51 chefs de meurtre, de 40 chefs de tentative de meurtre et d’un chef d’acte terroriste.

Des voix se sont levées pour dénoncer ce fait, en rappelant que des criminels ayant fait moins que ça (et parfois même rien du tout, ayant été arrêté et incriminé par erreur, comme lors des attentats du 22 mars de Bruxelles et Zaventem, ou au Maroc, entre autres).

Des observateurs font remarquer une différence de jugements et de charges retenues d’un attentat à l’autre et posent la question sous-jacente d’un éventuel racisme structurel. Un faciès particulier – non blanc – ou une religion sont-ils des éléments incriminents en eux-mêmes ? Pour eux, oui, sans aucun doute.

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