ven. Juil 19th, 2019

Brest : on l’aurait forcé de tuer un imam. Il est mort.

La dernière journée de Karl Foyer, jeune d’origine normande de 21 ans, est assez trouble. Il publie une lettre de détresse et d’appel à l’aide, comme une double tentative de meurtre sur l’imam Rachid El Jay et une autre personne et est retrouvé mort peu de temps après. Les faits se sont déroulés à Brest en France le 27 juin.

L’attaque semblait avoir été bien préparé par le jeune  terroriste dénommé Karl Foyer qui après avoir demandé de prendre un selfie avec sa victime Rachid El Jay, l’imam de la mosquée de Brest, a ouvert le feu sur ce dernier ainsi que sur un autre personne, le 27 juin 2019.

« L’imam a reçu trois balles et non quartes, comme indiqué dans les médias. Il a été atteint d’une balle dans la cuisse, une dans le mollet et une balle dans la main. Le fidèle, Osman, a reçu deux balles dans les jambes. », a indiqué Abdelmonaim Boussenna, imam de la mosquée Arrahma de Roubaix.

« Les deux blessés ont été conduits aux urgences, leur pronostic vital ne serait pas engagé », d’après la préfecture.

Rachid El Jay, l’imam de la mosquée de Brest – Photo Facebook

Imam à la mosquée Suuna de Pontanézen où il prêche depuis plusieurs années, Rachid El Jay, YouTubeur de la religion, a maintes fois été menacé de mort avant ce passage à l’acte, en s’attirant jusqu’aux foudres de Daech. Ici, le profil de l’homme ne semblerait pas, selon cette lettre qui circule sur les réseaux sociaux, l’islamophobie.

Karl Foyer s’est, semble-t-il enfui juste après son acte. Les unités policières l’ont retrouvé un peu plus loin gisant sur le sol avec une balle logée dans son crâne. Les enquêteurs estiment que le mis en cause se serait suicidé juste après avoir commis son acte criminel.

Une lettre postée sur les réseaux sociaux juste avant de passer à l’acte

Pour comprendre le contexte de son geste, il faut revenir plus de deux mois en arrière le 18 juin 2019. Il a écrit une lettre qui ressemble à un testament dans lequel il décrit une scène assez étrange.

Alors qu’il rentrait chez lui, Karl Foyer aurait été embarqué dans une camionnette par quatre hommes masqués. « Une fois par terre, il m’ont ébloui avec une torche et m’ont fait asseoir par terre », écrit-il, « Ils m’ont demandé d’égorger l’imam Rachid El Jay»

« Il m’a ordonné d’égorger l’imam de Brest. Il a dit qu’il fallait que je passe à l’acte entre le 15 et le 30 juin. Il m’a dit que si je ne le tuais pas, c’est ma mère, mon père et ma sœur qui seraient tués », a déclaré Karl Foyer.

Face recto de la lettre de Karl Foyer publiée sur les réseaux sociaux avant son passage à l’acte.

Il a par ailleurs appelé la presse et les internautes à diffuser son message pour que lui et ses proches puissent s’en sortir au mieux.

Le tireur s’excuse

Le tireur s’est excusé par écrit auprès de la famille de l’imam.
« Je suis profondément désolé auprès des proches de Rachid El Jay, je n’avais pas le choix », écrit-il.

Face verso de la lettre de Karl Foyer publiée sur les réseaux sociaux avant son passage à l’acte, avec sa carte d’identité.

Le nom de Patrick Calvar, ex-patron de la DGSI, mentionné

Dans sa lettre, outre avoir peur qu’on tue sa famille, Karl Foyer écrit que le téléphone portable d’un des quatre homme aurait sonné et que le nom de Patrick Calvar serait apparu à l’écran. Il précise en outre : « Je pense qu’ils ont des relations avec les flics. »

Selon l’auteur de l’attentat dans sa lettre, dont nous ne savons pas si elle est bien de lui, les quatre agresseurs auraient déclaré qu’ils ne lui servirait à rien d’aller à la police, se plaindre de cette agression en bande.

Patrick Calvar, ex directeur de la DGSI française – D.R.

Patrick Calvar est l’ancien directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI), de 2014 à 2017. Auparavant, il avait notamment été directeur central du Renseignement intérieur de 2012 à 2014 et directeur du renseignement à la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) de 2009 à 2012, sans parler de la DCRI, de la DST et des RG où il avait aussi fait des passages.

Aucun lien ne semble connu entre Karl Foyer et Patrick Calvar et aucun élément ne semble montrer dans son vécu une animosité ou une hostilité à l’égard du haut fonctionnaire de police. Il semble avoir découvert son nom ce jour-là.

Après son geste, Karl Foyer a été retrouvé mort en pleine rue. La police parle d’un suicide.

Réaction des autorités

Le parquet a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un attentat à proprement parler.

« Les éléments recueillis à l’heure qu’il est ne permettent pas de considérer qu’il s’agit d’un attentat », a assuré le procureur de la République à Brest Jean-Philippe Récappé, soulignant que la section antiterroriste du parquet de Paris ne s’était pas saisie de l’affaire, comme cela a été annoncé dans un premier temps.

« C’est la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Rennes qui s’est chargée de l’enquête », précise de procureur.

L’investigation est toujours en cours.

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